mer. Oct 20th, 2021

Lorsque vous êtes non Français et que vous préparez un voyage spécial pour l’été, vous êtes obsédé par la chaleur et l’humidité de juillet romain qui vont mettre un frein à vos projets de voyage, car vous n’avez pas encore rangé votre polaire.  Avec les frais de bagages exorbitants imposés par les compagnies aériennes, il est essentiel de voyager léger, et ces valises ont besoin d’un peu d’espace pour accueillir les souvenirs et les achats sur le marché.  Bien que nous ayons prévu de passer rapidement trois jours à Paris au début du voyage, on avait consacré la majeure partie de notre  énergie à la planification (et à la stratégie d’emballage) du reste de notre voyage de deux semaines, qui se déroulait beaucoup plus au sud, en Italie.  Comme on a l’habitude de planifier à outrance, on a fait fi de toute prudence et me suis dit : ” quelles sont les chances d’avoir besoin d’une veste en Italie, étant donné que les températures les plus fraîches en soirée sont encore celles d’une belle journée d’été dans le nord ! “.  On a regretté cette décision pour notre excursion d’une journée à Versailles.

Marche vers les portes de Versailles

Le château de Versailles se trouve à une distance raisonnable de Paris en train.  L’histoire du château est fascinante.  Le décor et le parc du château reflètent la vie colorée du roi Louis XIV et la vie tragique de la reine Marie-Antoinette, ainsi que les événements historiques importants qui se sont déroulés en dehors de Versailles. La journée de la mi-juillet s’annonce grise et sombre… et humide.  Nous avions deux parapluies avec nous et avons fait le bonheur de deux vendeurs de rue en en achetant deux autres alors que nous marchions vers l’immense palais.  Nous avions acheté le Paris Museum Pass, ce qui nous a permis d’éviter l’attente dans de nombreuses attractions.  Ce n’était pas le cas à Versailles.  On a fait la longue et sinueuse queue à l’extérieur du palais, avec les autres touristes froids, humides et misérables, juste pour avoir le privilège de voir l’intérieur.

La chapelle royale de Versailles

Une fois à l’intérieur, les images sont magnifiques !  Décadence extrême, mobilier et art dignes des plus belles galeries du Louvre.  Et suffisamment de touristes impolis pour qu’une personne dise “plus jamais” (du moins pas pendant la haute saison) !  On observait avec joie lorsqu’un agent de sécurité “surprenait” un touriste qui tentait de couper une pièce et de ne pas suivre le chemin balisé de la visite, dans le but de devancer les hordes de personnes qui se déplaçaient lentement.  On admet avoir été assez désagréable entre les images époustouflantes de chaque pièce.  Et si on était grincheuse parce qu’on avait l’impression d’être une sardine bon marché dans une boîte de conserve surchargée, on ne saurait dire comment mon mari se sentait au moment où nous nous sommes échappés.

Vue des jardins depuis l’intérieur du château.

On a eu des aperçus des célèbres jardins de l’immense domaine en nous promenant de pièce en pièce. À la fin de notre visite autoguidée, la galerie des Glaces (où le traité de Versailles a été signé en 1919, confirmant la fin de la Première Guerre mondiale) était aussi époustouflante que celle décrite dans tous les guides, et nous a permis de nous consoler d’avoir l’impression d’être des bêtes entassées dans des goulottes étroites en route vers les parcs à bestiaux.

La vue du Grand Canal depuis le château

Si on a apprécié de voir de les propres yeux le luxe indescriptible de l’intérieur de Versailles, ce que on avait  vraiment hâte de visiter, ce sont les jardins.  Après avoir échappé à la foule et avoir marché jusqu’à la fontaine de Latone en regardant le Grand Canal, les espoirs de louer des vélos et de faire une promenade idyllique dans les jardins de Versailles avec un mari et des deux adolescents se sont fanés comme les fleurs de mon jardin après la première forte gelée.  L’enthousiasme des compagnons de voyage diminuait au fur et à mesure que nous restions dehors et que nous essayions de marcher vers les jardins les plus proches, en sautant des flaques d’eau, en ayant froid, avec la mutinerie qui se développait parmi les troupes.

Des galoches auraient été des chaussures plus appropriées.

Les orteils n’étaient pas encore engourdis, mais on a tous admis que nous n’étions pas assez habillés pour le temps qu’il faisait.  Et la pluie, la pluie, la pluie n’a cessé de tomber, de tomber, de tomber. Le charme  avait disparu et on croit que les mots suivants (ou quelque chose d’approchant) sont sortis de ma bouche à un moment donné : “Très bien, si vous ne voulez pas voir les jardins, vous pouvez aller vous tenir sous cette alcôve jusqu’à ce que on a terminé.  On  n’a pas fait tout ce chemin jusqu’à Versailles pour me tenir au bord du domaine et prendre une photo”.  On est sûr que c’était dit sur le ton le plus agréable, mais cela a eu pour résultat qu’un trio austère a traîné les pieds derrière moi alors que nous continuions à marcher. C’est alors que on a vu les voiturettes de golf – des voiturettes de golf motorisées et chronométrées pour lesquelles vous payez un prix de location exorbitant (surtout compte tenu du taux de change euro-dollar américain cet été-là) pour vous promener dans les jardins.  VENDU (ou du moins loué pour quelques heures) !  Cette voiturette m’a semblé aussi bonne qu’une limousine à ce moment-là, avec un auvent au-dessus de la tête et les pieds hors du sol humide.

Visite en voiturette des jardins de Versailles

La vue depuis la voiturette

Nous n’avons certainement pas eu la visite des jardins que on avait  envisagée avant d’entreprendre le voyage, mais on a vu plus du domaine que nous ne l’aurions fait autrement en ce jour froid et maussade.

Un des bassins du Parterre d’eau de Versailles

Un des bassins du Parterre d’eau

On ne peut apprécier pleinement la majesté de Versailles sans s’aventurer sur le terrain du domaine.  Les fleurs offraient un contraste coloré avec la journée grise.  On ne peut qu’imaginer la beauté de la scène par une journée calme et ensoleillée (ce qui signifie que nous devrons revenir un jour pour faire du vélo dans les jardins ou prendre un bateau sur le canal).

Les jardins fleuris de Versailles

La seule tache de couleur par une journée très grise.

On a brièvement pris le chariot jusqu’au domaine de Marie-Antoinette, juste pour le voir de l’extérieur (nous étions tous à la limite de l’hypothermie à ce moment-là), et pour prendre un déjeuner rapide de sandwiches et de macarons à la terrasse Angelina près du Petit Trianon.   On se souvient avoir commencé à frissonner à cause du froid humide alors que nous étions assis dehors à manger nos sandwichs sur la terrasse, qui est probablement très belle par beau temps.

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