lun. Sep 27th, 2021

Paris est une ville où il y a beaucoup à faire : des studios pour prendre des cours, des musées qui présentent des spectacles entre les œuvres, des théâtres publics et privés qui accueillent des compagnies du monde entier, des festivals de différents types de danse, des chorégraphes qui tiennent des ateliers, des propositions de résidences artistiques… Bref, il est facile d’arriver et de se sentir un peu dépassé en voulant tout faire et en ne sachant pas par où commencer, en étant effrayé par les prix ou en n’ayant pas de paramètre clair pour trouver quelque chose qui ressemble à ce que l’on cherche. Avec humilité et conscient qu’aucune liste n’est exhaustive, voici quelques lieux qu’on considère comme un bon point d’entrée pour se familiariser avec la danse à Paris. Pour tous les goûts, pour ceux qui restent plus ou moins longtemps, pour des budgets différents : découvrons ensemble !

Ménagerie de la Verre. Courtoisie.

Située dans le bâtiment d’une ancienne imprimerie, la Ménagerie de Verre est l’un de mes espaces préférés. Avec trois studios baignés de lumière naturelle par d’immenses fenêtres au plafond – d’où le nom en français de “The Glass Zoo” de Tenesse Williams – la Ménagerie accueille des cours, des résidences artistiques et des spectacles de danse contemporaine et de performance. Il s’agit d’une proposition privée mais subventionnée par la municipalité de Paris, ce qui signifie que presque toutes les activités qui s’y déroulent sont abordables. C’est un détail important de pouvoir prendre des cours de deux heures pour 6 € alors que dans le reste des studios parisiens, les cours coûtent environ 15 € l’heure et demie.

Ménagerie de verre. Courtoisie.

L’accent est mis sur la danse contemporaine et l’exploration de nouveaux langages et de croisements avec d’autres disciplines, une empreinte présente dans les ateliers de formation et dans ses deux festivals : Les Innacoutumés en novembre-décembre et Étrange Cargo en mars-avril. Ces événements présentent le travail de chorégraphes français de renom en danse contemporaine : François Chaignaud, Mathilde Monnier (actuelle directrice du Centre National de la Danse), Gaëlle Bourges, Boris Charmatz, Jerôme Bel, entre autres.

Intéressant !

Comme il s’agit d’un lieu conçu pour la formation des danseurs, il y a des cours tous les jours et chaque semaine, il y a des professeurs différents. C’est-à-dire qu’une semaine, il y a un chorégraphe de 10h à 12h et une autre de 12h à 14h. La semaine suivante, ils changent et ainsi de suite. Le bon côté de cette dynamique est qu’elle permet d’organiser des ateliers hebdomadaires à un prix raisonnable, le mauvais côté est qu’il est difficile d’approfondir une ligne de travail.

Théâtre de la Ville

Dans un parcours de danse à Paris, le Théâtre de la Ville est l’équivalent du Teatro San Martín de Buenos Aires. C’est l’un des théâtres publics les plus prestigieux de la ville, il est situé au centre de la capitale dans un bâtiment typiquement parisien, il dépend de la municipalité et, outre la musique et le théâtre, il propose un très bon programme de danse contemporaine. Contrairement à notre cher San Martín, il ne dispose pas de sa propre distribution, mais fonctionne uniquement comme une salle de spectacle. Cependant, chaque saison, il y a certains artistes associés dont les œuvres sont produites par le théâtre.

Si vous êtes de passage et que vous n’avez pas le temps de suivre des cours, mais que vous souhaitez tout de même voir une compagnie de danse de renommée internationale qui ne se produit pas souvent dans le Sud, c’est l’occasion rêvée. Anne Teresa de Keersmaeker, Pina Bausch, Dimitris Papaioannou, Christian Rizzo ou Merce Cunningham sont quelques-uns des noms qui sont habituellement programmés dans le siège du théâtre situé en bord de Seine et dans les deux salles qu’il a intégrées il y a quelques années (l’Espace Cardin près de l’avenue des Champs-Élysées et le Théâtre des Abbesses dans le nord de Paris). Cependant, il est conseillé d’acheter les billets à l’avance car ils ont tendance à se vendre un peu trop vite. S’agissant d’un théâtre historiquement réputé pour sa programmation et disposant d’un public fidèle qui s’abonne chaque année, les billets pour certains spectacles s’envolent quelques jours après le lancement de la nouvelle saison et l’ouverture de la billetterie.

Bon à savoir sur Paris !

Après une longue période sans rénovation, le Théâtre de la Ville, situé en bord de Seine, est entré en travaux en 2016. Bien qu’il soit fermé, il continue à fonctionner parce qu’il fonctionne selon le format “hors les murs” : grâce à des accords avec 18 salles, centres culturels et théâtres de Paris, les spectacles ont lieu dans d’autres espaces. Cette stratégie permet non seulement de maintenir ce lieu actif pendant la durée des travaux (jusqu’en 2022 en principe) mais aussi de faire découvrir au public les institutions qui ” reçoivent ” cette programmation extérieure et de faire connaissance avec d’autres projets (la programmation des lieux de l’Espace Cardin et du Théâtre des Abesses se poursuit normalement).

Centre National de la Danse

A quelques mètres de Paris et à côté du canal de l’Ourq se trouve le Centre National de la Danse. Il compte treize studios, une médiathèque, une cinémathèque, plusieurs salles de conférence et de montage et une cafétéria. Il abritait auparavant les bureaux de la municipalité de Pantin – la ville où se trouve le centre – mais en 1998, le ministère de la culture et de la communication a décidé de donner cet imposant bâtiment à un projet national de danse intégrant pédagogie, création et documentation. La CND a un autre siège dans la ville de Lyon, dans le sud de la France. Si ses activités sont globalement orientées vers les professionnels et la danse contemporaine, depuis l’arrivée de la chorégraphe Mathilde Monnier à la direction en 2013, l’institution a commencé à mener une politique d’ouverture à un public plus large.  En tant que centre national, le CND publie les appels à concours, bourses, auditions et recherches professionnelles de toutes les régions de France. Elle met également à la disposition de tous ceux qui le souhaitent – ils sont placés sur une étagère accessible aux visiteurs – les documents relatifs au recrutement des danseurs : combien ils doivent facturer pour certains emplois, comment doivent être leurs contrats, comment est réglementée leur activité, que faire en cas de maladie, etc. En d’autres termes, tout ce qui a trait à leur situation professionnelle.

 

 

 

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